La République en marche va bientôt élire son chef qui devra définir une doctrine – le parti n’en ayant aucune à ce jour… Mouvement se présentant comme « horizontal », il est intéressant de comprendre la manière dont le « nouveau monde » que veut incarner Emmanuel Macron va s’y prendre.

A ce sujet, le député LREM, Hugues Renson, a déclaré dans Libération (21/11/2018), qu’ils seraient jugés « au moins autant sur nos résultats économiques et sociaux que sur notre pratique du pouvoir ». Et il rajoute « Si l’on s’organise comme un parti à l’ancienne, on disparaîtra (…) on doit tenir cette promesse de faire de la politique autrement ».

Ce « autrement », c’est, notamment, la méthode pour bâtir leur corpus idéologique, « Ce n’est pas aux « sachants » ou aux parlementaires d’imposer une doxa. L’identification de ce corpus doit être très participative, élaborée par les adhérents, les citoyens intéressés par la démarche » déclare Hugues Renson.

Cela ne vous rappelle rien ? Mais les États généraux de la bioéthique ! Le député Renson rappelle qu’il souhaite une démarche du bas vers le haut, des citoyens vers l’exécutif et le législatif, et de la participation en masse par les citoyens, comme cela a été voulu et organisé par le pouvoir entre janvier et avril 2018 partout en France.

Cependant tout cela ne serait-il que des mots quand on voit ce qui se passe ? Gardons en mémoire les 3 – pas moins – Etats généraux qui ont été organisés depuis que Emmanuel Macron a été élu : alimentation, retraite et bioéthique.

Résultats ? Les conclusions de celui portant sur les retraites n’ont pas encore fait l’objet d’une synthèse ; quant à ceux de l’alimentation et de la bioéthique, le pouvoir feint de les ignorer parce que leurs résultats ne lui conviennent pas.

Cette démocratie « participative » à laquelle appelle le député Renson ne serait-elle pas que de la cosmétique dans la bouche de cet acteur du « nouveau monde » ?

En revanche, si l’axiome LREM est < méthode = états généraux ou débats participatifs = bon pour accord quoi qu’il en soit des résultats >, alors, alors, dite au député Renson qu’il ne perde pas son temps à consulter les citoyens si, in fine, le pouvoir s’assoit sur les vœux des Français qui s’y sont exprimés.

Dans la langue française, cela s’appelle trahir, en même temps, la conscience et la confiance.