Ces deux questions concernent la forme du grand débat :

-la première : l’ancienne organisatrice du grand débat, Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), a déclaré vendredi 25 janvier que le dispositif mis en place est faussé par le cadrage établi par le gouvernement : « On n’avait pas prévu de faire une opération de communication mais un grand débat, donc on avait prévu de faire une plateforme numérique totalement ouverte, où tout le monde pouvait échanger sur n’importe quel sujet ». Elle a affirmé qu’une autre plateforme de consultation, préparée par la CNDP, « était prête ». « Sauf qu’en fait, ils ont tout refait ! »

Dès lors, on comprend mieux la raison de son retrait du pilotage du grand débat. Non pas à cause de la polémique qui a surgi à propos de son salaire, mais tout simplement parce qu’elle ne pouvait pas cautionner l’encadrement qui a été mis en place par le gouvernement et qui fausse les règles du jeu.

-la seconde : les cinq “garants” désignés pour garantir l'”indépendance” du “grand débat” ont formulé, notamment, des recommandations au sujet de la plateforme numérique. Concernant la mise en ligne de toutes les contributions, ils déclarent qu’ “Il est important qu’il y ait véritablement des ‘open datas’, c’est-à-dire des données véritablement ouvertes”. Ces garants souhaitent que “toutes les contributions émises dans le cadre du ‘grand débat’, quelles que soient leurs origines (restitutions des réunions d’initiative locale, contributions individuelles, cahiers citoyens…) convergent vers le site et soient mises en ligne”. Ils demandent également sur le site Internet “une nouvelle rubrique pour accueillir les contributions libres quel que soit le thème, au-delà des réponses aux questions” et d'”assurer un vrai pluralisme des sources d’information sous-jacentes à chaque thématique”.

Nous attendons désormais la réponse positive du gouvernement à la demande des garants. Si ce n’était pas le cas, cela voudrait dire que le grand débat national n’en est pas un, et n’est qu’une opération de com. A bon entendeur, salut !