A l’occasion de la journée de la femme, le 8 mars dernier, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a organisé une réunion à Saint-Denis où des mères célibataires ont raconté leurs vies devant des “décideurs”. Faut-il le rappeler, il y a 2,67 millions de familles monoparentales en France. Dans 88 % des cas, c’est la mère qui élève seule, son ou ses enfants. A ce sujet, le gouvernement a déclaré qu’il ferait bientôt des propositions pour les aider, notamment à propos des modes de garde, des impayés de pension et de l’accès à l’information sur les aides spécifiques destinées à ces familles.

Tout cela est bien, certes. Pourtant, tout le monde sent qu’il y a un impensé dans ces mesures : aucune mesure ne concerne l’amont. C’est à dire des mesures qui aident ces familles, beaucoup plus vénérables à la pauvreté que celles qui durent, en amont. En effet, on constate, on déplore, on se lamente, mais a posteriori, quand c’est trop tard. Le mal est fait, la famille est disloquée.

Naturellement, il ne s’agit pas de s’opposer à ce que les parents puissent se séparer. Il s’agit simplement de réfléchir aux causes des séparations, et de réfléchir à la manière dont la société peut aider à traiter certaines avant qu’elles ne produisent leurs effets. A notre connaissance, cela n’est jamais fait en France. Le raisonnement étant que, si on réfléchit à aider les couples, c’est qu’on est opposé au divorce – ce qui est une bêtise sans nom. A contrario, à l’étranger, des Etats, notamment la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, devant les coûts sociaux et humains des divorces, ont décidé d’aider les couples afin qu’ils ne séparent pas, autant que faire se peut.

Voilà pourquoi nous encourageons les pouvoirs publics, ainsi que tous les acteurs de la famille, à réfléchir à la manière dont les couples pourraient être aidés pour vivre ensemble dans la durée.

 

CréditsPhotos@LOIC VENANCE / AFP