Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, est partisan de la PMA sans père. Il a publié dans Libération (27 mai 2019) une tribune dans laquelle il se dit favorable à faire figurer le mode d’établissement de la filiation “par le biais d’une “déclaration commune anticipée de filiation” figurant sur l’état civil intégral de l’enfant”, et ce, quelle que soit la situation des parents, mariés ou pas, de sexe différent ou pas.

Car la PMA sans père bute sur le droit de l’enfant à connaître son père, droit réclamé par les associations d’enfants nés de dons anonymes.

Pour appuyer sa position, Serge Hefez va prendre l’exemple d’un de ses patients. Que nous apprend cet homme qui a la “volonté de se débarrasser de crises d’angoisses qui entravent son quotidien” ? Qu’il n’est pas le père de son fils conçu avec un don anonyme.

Serge Hefez note alors que “nul ne peut y échapper, il y a des fantômes dans toutes les familles” avant de s’interroger ” est-ce la peine d’en ajouter ? ” Oui, nous nous le demandons aussi. En effet, est-ce à l’Etat, à la société, de permettre la création de fantômes ? Car en plus d’être privés de père dans le cas de la PMA sans père, les enfants seront aussi privés de toute la généalogie paternelle. Ce sont donc des armées de fantômes de la République auxquels devront faire face ces enfants, alors même que, souvent, celles qui revendiquent la PMA sans père ne souhaitent nullement qu’une figure de père apparaisse dans la vie de leurs enfants.

Nous le voyons, la PMA sans père soulève d’immenses questions pour surmonter l’effacement du père. Quelle que soit les solutions proposées, elle aboutit à la déconstruction du droit de la filiation. A son tour, Serge Hefez n’y échappe pas, il propose un bricolage juridique. Il y substitue la solidité de notre droit actuel à la volatilité de l’engagement des parents. Il se fait ainsi le supporter de l’ubérisation de la famille dans laquelle tous ses membres sont fragilisés. C’est bien ce que nous ne voulons pas.