Les partisans de la gestation pour autrui (GPA) répètent à l’envi que la grossesse n’est rien et qu’il ne se passe rien entre la mère et le bébé pendant les neuf mois. Pourtant, rien n’est plus faux.

En effet, la relation intra-utérine qui se noue entre la mère et l’enfant pendant la grossesse est de plus en plus documentée. L’enfant porté entretient nécessairement un rapport fusionnel avec celle qui le porte : il détecte une multitude de substances dans le liquide amniotique et s’imprègne de cet univers olfactif et gustatif qu’il retrouvera à la naissance dans le lait maternel ; il s’habitue au corps de sa mère, à son odeur, à sa voix, à celle de son père et de ses frères et sœurs, et les mémorise étonnamment. Tout cela prépare le lien avec sa famille à la naissance.

Quant aux professionnels de santé, ils le répètent : la mère vit une expérience hors du commun, une transformation intérieure. C’est ce que déclare Anna Roy, sage-femme rattachée à la maternité des Bleuets, à Paris : « Mettre au monde reste la situation la plus incontrôlable qui soit. Même après tant d’années de métier, je ne m’y habitue pas : c’est un événement vertigineux. Qu’un corps passe à travers un autre corps est stupéfiant. Et toute femme qui devient mère ne sera d’une certaine façon plus jamais maîtresse de son existence. Une forme d’insouciance se clôt avec cette mise au monde, et la plupart des accouchées le comprennent d’emblée. Même les plus “contrôlantes” doivent s’y faire : bébé devient le chef pour la période qui s’ouvre.» (Le Figaro, 13 mai 2019)

Voilà donc encore une raison pour combattre la GPA : l’accouchement est une expérience totale qui engage la mère et son enfant pour la vie.