Danièle Manesse, professeure émérite de sciences du langage à l’université Sorbonne-Nouvelle Paris-III, vient de publier “Le Féminin & le Masculin dans la langue. L’écriture inclusive en questions” (ESF, 208 pages, 13,90 euros). Interrogée par le quotidien Le Monde (30/05/2019), elle y délivre quelques remarques utiles. Florilège :

A propos de la règle soit-disant sexiste “le masculin l’emporte sur le féminin”, Danièle Manesse déclare que “l’idée que le genre grammatical masculin et le genre biologique masculin sont homologues est profondément inexacte (…) Le masculin de la langue n’est pas le masculin du monde sensible.”

Elle remarque que “L’écriture inclusive fait partie de ces dispositifs volontaristes, ostentatoires, qui ne servent pas les causes qu’ils prétendent défendre. La preuve la plus simple en serait que ses différentes formes perdurent rarement plus de dix lignes dans un texte, à moins de compromettre définitivement sa lisibilité”.

Elle dénonce l’écriture inclusive comme “une pratique complexe et élitiste”, “impossible à oraliser”, et conclut “C’est le sort fait aux femmes et l’usage de la langue qui peuvent être sexistes, et non les langues en elles-mêmes.”

L’interview est à lire ici https ://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/29/daniele-manesse-le-masculin-de-la-langue-n-est-pas-le-masculin-du-monde-sensible_5468880_3232.html