Nous glissons sur le toboggan de la transgression. Uma Louise est née aux Etats-Unis par gestation pour autrui (GPA). Et la mère porteuse est sa grand-mère âgée de 61 ans. Mais tout est fait au nom de l’amour. Ce sont les journalistes qui l’écrivent, “C’est un bébé qui recevra sans doute beaucoup d’amour, à en juger par le nombre de personnes qui ont contribué à sa naissance” écrit L’Obs.

A l’origine, un couple de deux hommes voulaient un enfant. La sœur de l’un d’entre eux leur donne des ovocytes, la mère de l’autre porte la grossesse, obtenue par FIV d’un embryon issu des ovocytes donnés et du sperme de son propre fils.

« Nous avons des femmes généreuses dans nos vies », a commenté le père biologique. Ah, la générosité des femmes ! Il paraît que c’est un cliché, la manifestation la plus éhontée du patriarcat. Mais là, non. C’est que de l’amour, on vous dit.

Quant au versant incestueux de cette naissance, elle est passée par pertes et profits par les journalistes. Quand on ne veut pas voir, on ne voit pas. C’est que de l’amour, on vous dit.

Et l’enfant, Oedipe, sa construction, sa généalogie, docteur Freud ? Par dessus bord ! Soyez modernes, progressistes.

Nous glissons, mais nous pouvons encore arrêter ça en interdisant la GPA dans le monde entier. Au nom de l’amour des enfants, qui ont le droit d’avoir un père et une mère.